Conférenciers principaux
Sophie Nuber
Sophie Nuber est née en 1990 à Hollerich, dans la ville de Luxembourg, d'une mère allemande et d'un père luxembourgeois. Elle a fréquenté l'école Spillschoul à Hollerich, puis l'école Frai Waldorfschoul op dem Limpertsberg. En 1998, sa vie a pris un tournant inattendu et elle a déménagé à Stuttgart, en Allemagne, avec sa mère célibataire et ses deux frères.
Études universitaires
Après avoir obtenu son baccalauréat, Sophie a décidé d'étudier les lois naturelles qui régissent le changement climatique anthropique. Comme il n'existait pas de programme dédié à ce sujet, elle a commencé à étudier les sciences de l'environnement et l'hydrologie environnementale à l'université de Fribourg. Elle s'est rapidement rendu compte qu'un élément essentiel du système climatique manquait au programme : les océans. Elle a donc collecté des fonds scientifiques étudiants et a poursuivi ses études à l'université de Sydney, en Australie, où elle s'est spécialisée dans les sciences marines et les récifs coralliens. Son expérience locale auprès des populations autochtones australiennes l'a amenée à s'interroger sur la manière dont les sociétés défavorisées réagissent au changement climatique, ce qui l'a conduite à rejoindre l'Institut international de recherche sur l'élevage à Nairobi, au Kenya. Grâce à ses résultats universitaires et à l'obtention d'une licence en sciences, elle a pu poursuivre ses études et obtenir un master en sciences du changement climatique à l'University College London. Soutenue par la Studienstiftung des Deutschen Volkes, elle a obtenu son diplôme, notamment grâce à un séjour de recherche à la Woods Hole Oceanographic Institution aux États-Unis.
Devenir un scientifique professionnel
Sophie a consacré sa thèse de doctorat à la variabilité passée du CO₂ atmosphérique et au changement climatique à l'université de Cardiff et à l'université de St Andrews au Royaume-Uni. L'obtention d'un financement supplémentaire lui a permis de mener des recherches extrascolaires sur les processus anciens des récifs coralliens à l'université de Nagoya, au Japon. Ses études postdoctorales l'ont amenée à plonger et à enregistrer les récifs locaux à Taïwan, dans les régions subtropicales, afin d'identifier les facteurs responsables du blanchiment des coraux, ainsi qu'à Seattle, aux États-Unis, où elle étudie les processus à l'origine des vagues de chaleur marines.
La vie d'une scientifique
Aujourd'hui, Sophie est reconnue internationalement pour ses recherches sur le paléoclimat et ses approches novatrices dans l'étude du changement climatique avec divers groupes de travail interdisciplinaires. Ses découvertes portent notamment sur de nouveaux points de basculement climatiques et les interactions entre le climat et les écosystèmes. Elle a participé au sommet du G7 en tant que l'une des plus jeunes conseillères scientifiques et a reçu le prix Knowledge CRUI du G7 au nom de Malala Yousafzai. Elle a également été la plus jeune conférencière principale lors de l'événement Falling Walls Lab organisé à Taipei, à Taïwan.
Art et science
Sophie communique sur la science à travers des podcasts et des projets artistiques professionnels, en collaboration avec des artistes, des éducateurs et des écoles du monde entier. Elle et son travail ont été présentés dans Télécran et le Luxemburger Wort, et elle développe actuellement un nouveau projet artistique et scientifique sur les coraux et le changement climatique avec un artiste basé au Luxembourg.
Renée Schroeder
Renée Schroeder est née à João Monlevade, au Brésil, en 1953. Après avoir passé un an au Luxembourg (1966), elle s'installe en Autriche en 1967.
Carrière universitaire et professionnelle
Elle a étudié la biochimie à l'université de Vienne, où elle a obtenu son diplôme en 1981. Elle a ensuite poursuivi des études postdoctorales à l'université de Munich, au CNRS à Gif-sur-Yvette (France) et au département de la santé de l'État de New York. Après la naissance de ses fils en 1983 et 1985, elle a occupé un poste de chef de groupe au département de microbiologie et de génétique de l'université de Vienne en 1989. De 2007 jusqu'à sa retraite en 2018, elle a été professeure de biochimie de l'ARN et directrice du département de biochimie de l'université de Vienne.
Thèmes de recherche
Les recherches de Renée Schroeder ont porté sur les aspects fonctionnels et structurels des ARN non codants ainsi que sur le rôle et le mécanisme des protéines présentant une activité de chaperon ARN. Son groupe a utilisé la technique SELEX génomique combinée au séquençage approfondi pour cribler des génomes entiers à la recherche d'aptamères ARN qui contrôlent la transcription. Elle a également été rédactrice en chef de la revue scientifique RNA Biology.
Engagement et récompenses
Depuis plus de 30 ans, Renée Schroeder s'engage activement en faveur de la vulgarisation scientifique et de la promotion des femmes dans le domaine scientifique. Elle a siégé à de nombreux conseils d'administration et commissions internationaux. Ses contributions scientifiques ont été récompensées par plusieurs prix, dont le Prix spécial L'Oréal-UNESCO pour les femmes et la science, le Prix Eduard Buchner et le Prix Wittgenstein. Elle est également membre de l'EMBO.
De la science à la nature
En 2018, elle s'est installée à Abtenau, dans les Alpes autrichiennes, et s'est lancée dans l'agriculture. Elle a fondé une entreprise de production d'herbes médicinales au Leierhof (voir www.leierhof.at), où elle mène des recherches sur les preuves scientifiques concernant le mode d'action des herbes alpines sauvages.
Publications scientifiques grand public
Renée Schroeder est également une auteure accomplie d'ouvrages de vulgarisation scientifique (tous publiés par Residenz Verlag) :
Die Henne und das Ei (« La poule et l'œuf ») (2011)
Menschen, Zellen und Waschmaschinen (« Les humains, les cellules et les machines à laver ») (2014)
Die Erfindung des Menschen (« L'invention de l'homme ») (2016)
Pendant la pandémie de COVID-19, elle a écrit What’s Life? (« Qu'est-ce que la vie ? »), expliquant les fonctions de l'ARN.
Son dernier ouvrage, Wie Wildkräuter wirken (« Comment agissent les herbes sauvages »), qui explique les principes scientifiques qui sous-tendent les composés à base de plantes, a été publié en 2025.